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Vois-ci, Vois-là les faits de la Vallée d’Aoste liés au 21 mars

Cette émission, consacrée à l’histoire de la Vallée d’Aoste, fut réalisée en 2007.

Notre protagoniste d’aujourd’hui est l’anniversaire de réalisation d’un document de 1710 qui cite l’existence, à Châtillon, des bourgs des Rives et de Ventoux.  Les deux bourgs, au XVIIIème siècle, avaient par ailleurs déjà disparu. Seuls les vestiges architecturaux et les souvenirs résistaient au passage du temps. Les fouilles ont également porté leur contribution : en 1883, quand le travail de réalisation du chemin de fer toucha Châtillon, on eut la certitude que non loin de Saint Clair un bourg existait puisqu’on en trouva des restes. Le site avait donc été peuplé en des temps reculés. Les documents sont eux aussi une aide précieuse, comme les actes de reconnaissance signés par les comtes de Challant.

La noble famille de Challant a un lien particulier avec cette commune de la moyenne Vallée : en effet l’actuel château des Passerin d’Entrèves fut bâti par les Challant. Son parc conserve des souvenirs qu’il n’est point hasardé de définir d’historiques.

Les arbres monumentaux du parc du Château Passerin d’Entrèves

La loi régionale n. 50 de 1990 tutelle les arbres monumentaux valdôtains en chargeant le Corps forestier de leur entretien.

Les arbres ainsi classés sont nombreux et répartis sur tout le territoire. Il y a toutefois un parc, celui du Château Passerin d’Entrèves de Châtillon, qui en accueille une grande quantité: 32, pour être précis.

Vouloir raconter tous les faits historiques liés au château nous prendrait trop de temps. Nous nous limiterons, alors, à ceux qui sont plus étroitement liés à ses arbres.

Pour comprendre une présence si massive de ces précieux végétaux, nous devons remonter à 1706 quand, après deux ans d’occupation, l’armée française abandonna la Vallée d’Aoste suite à la défaite subie dans la bataille de Turin, survenue le 7 septembre.

Au cours de ces deux années, le château avait été occupé par l’armée et les arbres du parc avait été presque complètement abattus. Même le château était presque une ruine.

En 1706, Georges-François de Challant avait épousé Paolina Solaro di Govone.

Cette femme noble, belle et intelligente, projeta et ordonna la reconstruction du bâtiment (plus ou moins comme il est aujourd’hui) ainsi que la création d’une avenue dans le parc, la mise en demeure de nombreux arbres et la création d’un charmant jardin à l’italienne.

Les différents spécimens que nous admirons (érables, hêtres, cèdres, tilleuls, frênes et chênes) ne remontent toutefois pas tous à cette intervention. Parfois ils ont séché et ont dû être substitués ; parfois de nouveaux arbres ont été plantés pour célébrer la naissance d’un héritier.

Parmi les arbres monumentaux, les hêtres ont un âge compris entre 270 et 380 ans. 

Un exemplaire de Fagus sylvatica purpurea n’a pas plus de 105 ans.

L’érable faux-platane, ou sycomore a 160 ans, tandis que le grandiose Cèdre de l’atlantique en compte environ 200.

Même âge pour le quercus robur ou chêne pédonculé et les deux frênes (Fraxinus excelsior).

Les tilleuls ont de 120 à 270 ans.

Certains de ces arbres ont des dimensions remarquables.

Parmi les tilleuls nous en citons un qui a un diamètre de presque 160 cm, tandis que le hêtre le plus ancien a une circonférence de 537 cm et un diamètre de 171 cm.

Parfois leur tronc porte des témoignages des temps passés et on peut y trouver le plomb des cartouches remontant à la domination française et aux batailles de la dernière guerre mondiale.

Le parc du château est ouvert au public. La majestuosité des arbres et l’histoire de cet endroit suscitent, chez le visiteur, des sensations contrastées et invitent à la méditation sur la grandeur et la petitesse qui coexistent dans la nature humaine ; sur l’aspect transitoire de la vie, même quand elle défie les agressions du temps.

Se promener dans le parc de ce château, nous l’avons dit, amène à la réflexion. Il peut également être une souche d’inspiration pour un artiste. Mais pas tous les artistes affirment en avoir besoin. C’est le cas de Mogol, grand écrivain de chansons, que nous avons rencontré à l’occasion d’une conférence qu’il a tenue, à Aoste.

Mogol et la création des chansons

Écrire une chanson. Ça sera facile? Difficile? Comme toujours ça dépend des aptitudes individuelles. Pour certains, comme Mogol (unanimement reconnu parmi les auteurs les plus prolifiques et inspirés de tout le panorama national) cela pourrait plutôt sembler facile. Cela pourrait, justement, mais ce n’est pas dit que ça le soit.  On est sûr que tout part de l’inspiration? Pas forcément. D’ailleurs lui-même affirme que ce n’est pas l’inspiration qui est à la base de ses compositions.

Mogol: «Prima di tutto non ritengo di avere delle ispirazioni, nel senso che io vivo di memoria, di ricordi: per me è la vita il mio grande lago dove vado a pescare, non è l’ispirazione che arriva, così improvvisamente, e mi coglie. Io seguo, solitamente, l’atmosfera musicale e questa mi suggerisce il ricordo di qualche scena, comunque, sia della mia vita che della vita di persone che conosco». 

Alors, si Mogol affirme qu’il puise dans son propre vécu, continuons à faire des rapprochements et disons que la nature, les sentiments et l’art restent la source privilégiée qui alimente tout le processus créatif.

L’artiste fait appel aux mots pour exprimer et transmettre des émotions et des sensations qui vont toucher l’être humain au plus profond. Cela ne signifie pas nécessairement être bucolique.

Mogol : «(Cioè) io cerco di raccontare la vita come l’ho vissuta, come la vedo; ossia non una vita “bella”, una vita, come dire, ritoccata: la vita, così com’è. Sono concentrato sulla verità dei fatti, sul cercare di descrivere le cose come le ho vissute: senza addolcirle, senza modificarle 

Un grand pragmatisme, donc, qui se traduit également dans le choix des lieux où composer. Par exemple, en lisant ses lyriques: 

pietre un giorno case ricoperte dalle rose selvatiche
rivivono, ci chiamano
boschi abbandonati e perciò sopravvissuti vergini
si aprono, ci abbracciano) 

on pourrait presque l’imaginer attraper son crayon et son carnet sur les rives d’un torrent alpin. Et bien non, selon lui, ce qui l’entoure n’a aucune importance. 

Mogol : «In realtà anche questo dell’ambiente non è che, diciamo, che influisca gran che: perché è la memoria, quindi è rivivere una situazione e descriverla. Quindi, in realtà, lo posso fare ovunque, l’importante è che non ci sia molto rumore. Ma non è che, diciamo, contribuisca il luogo in modo particolare alla stesura del… perché è tutto sull’immagine dei ricordi, è tutto su un vissuto che io lavoro».

Autrement dit, finalement, la création artistique est création pure et simple. Ce n’est pas une revue photographique d’un vécu mais une nouvelle élaboration mentale d’expériences individuelles ou universelles qui, d’une quelque façon, se font témoignages.

L’existence de l’ancien bourg des Rives est indirectement attestée également par l’historien Jean-Baptiste De Tillier qui nous parle du tracé d’une route qu’il faisait remonter aux Salasses. Ce chemin côtoyait le parcours de la Doire et il aurait été emprunté, par la suite, également pour atteindre le bourg au pied de la colline. Il ne fut par ailleurs pas emprunté par les armées romaines qui, en effet, bâtirent la voie consulaire plus en amont, comme en témoigne le pont sur le Marmore.

Châtillon a un passé historique important et un présent où la culture est tenue en grande considération. On ne pourrait pas expliquer autrement l’existence d’une grande et active bibliothèque.

La bibliothèque de Châtillon

La Bibliothèque de Châtillon, qui porte le nom de Monseigneur Duc, est un lieu important, non seulement pour les habitants de cette commune, mais aussi pour ceux des alentours.

En décembre 2006, elle a fêté ses trente ans.

Pour parcourir son histoire, nous avons rencontré Marisa Burgay, qui y travaille depuis 29 ans.

De nos jours, cette commission de gestion de la Bibliothèque de Châtillon n’existe plus. Elle a été remplacée par la Commission de la Culture de la Commune, mais ce n’est pas le seul changement :

Abandonnons l’histoire de la Bibliothèque de Châtillon, pour passer à la situation d’aujourd’hui. Que peuvent trouver les usagers dans cette Bibliothèque ?

Nous avons déjà dit que les usagers ce la bibliothèque ne sont pas seulement les habitants de Châtillon, mais aussi ceux des communes voisines. Voici ce que nous a expliqué Marisa Burgay à ce propos :

La Bibliothèque de Châtillon, en effet, s’efforce d’habituer à la lecture les enfants et les jeunes. Dans ce but, elle propose plusieurs activités :

En plus de ces initiatives consacrées à la jeunesse, la Bibliothèque de Châtillon a des projets d’avenir, entre autres liés au fonds local :

La Bibliothèque de Châtillon se fixe donc des objectifs bien précis à atteindre en 2007. À plus long terme, elle entend fermement poursuivre son but, qui est de maintenir la lecture bien vivante :

Revenons à notre bourg des Rives : un document du XIIème siècle atteste pour la première fois l’existence du château du même nom. Le bourg fut détruit, peu après, par une inondation produite par les eaux du Marmore. Seuls quelques murs du bâtiment restèrent debout et nous les voyons encore.

Bien plus visible, et moderne, est le château du Baron Gamba, toujours à Châtillon. On l’appelle château pour ses dimensions et son parc mais, tout compte fait, il n’est qu’une villa bâtie au siècle dernier. Il va bientôt devenir le siège de la pinacothèque régionale.

La nouvelle vie du château Gamba de Châtillon

Daniela Vicquéry – Service des Biens historiques et artistiques : On l’appelle château et, à l’extérieur, il a l’aspect d’un château, mais on doit dire que l’architecte Saroldi, qui l’a projeté, c’était un exposant du mouvement du revival neo-médiéval qui était très répandu à Turin, dans le milieu turinois, surtout. Et donc il se refait, dans l’aspect, à un château médiéval, avec un bâtiment quadrilatère, avec une tour centrale mais à l’intérieur le château (si on peut l’appeler comme ça) est doué de toutes les commodités modernes. 

On doit dire que Maurice Gamba, le Baron Gamba, qui a voulu ce château en 1911, il a voulu, pour accueillir son épouse (qui était une Passerin d’Entrèves et qui habitait la demeure de famille, qui était un château)… Donc il voulait l’accueillir dignement.

À l’intérieur il y a une chose remarquable : c’est un petit ascenseur à banc, à un seule place, comme on l’a vu dans le film de Liz Taylor « Improvvisamente l’estate scorsa ». Il est doué de chauffage, de toutes les commodités modernes.

Le château Gamba est de propriété de l’Administration régionale depuis la fin des années quatre-vingt.

Daniela Vicquéry – Service des Biens historiques et artistiques : Il a été acquis par l’Administration régionale dans un projet plus général d’acquisition des châteaux : je pense au château de Sarre, au château d’Aymavilles, au château de Gressoney. Ce sont tous des châteaux qui sont parvenus à l’Administration pour des acquis récents. Je dis récents mais c’est les années soixante-dix jusqu’au 2000 qu’on a conduit des campagnes d’acquisition.

Sa destination n’a substantiellement jamais été mise en doute.

Daniela Vicquéry – Service des Biens historiques et artistiques : Dès le commencement, on a pensé que ça pouvait être destiné  à une pinacothèque régionale pour faire connaître la collection d’art contemporaine de propriété de l’Administration.

Cela n’empêche que des modifications et des améliorations ont du être apportées. On a commencé par les toits et, à partir de 2002, tout l’immeuble a fait l’objet de travaux de restauration. Ce travail terminé, maintenant…

Daniela Vicquéry – Service des Biens historiques et artistiques : On doit commencer les travaux qui  le transformeront en pinacothèque, c’est-à-dire des travaux pour assurer les lois sur la sécurité, pour permettre l’accès à ceux qui ont des problèmes de déambulation et encore pour augmenter la superficie d’exposition.

Tous cela a comporté un investissement important…

Daniela Vicquéry – Service des Biens historiques et artistiques : Les travaux architecturaux qui ont été conduit jusqu’au moment, ça a coûté environ 4 millions d’euros. Le coût a presque entièrement été couvert par des fonds issus du jeu du Lotto et par la Fondazione CRT de Turin. Après,au moment, on pense de dépenser 1 million et demi d’euros pour la transformation en pinacothèque. 

Jusqu’à présent nous sommes restés à l’extérieur de l’immeuble et, faute de temps, nous ne pouvons pas entrer ce soir. Ce sera pour un prochain rendez-vous avec notre émission, quand nous irons comprendre comment le château Gamba et son parc deviendront une pinacothèque et quelles collections d’art ils se proposeront d’abriter et d’exposer.

En partant d’un anniversaire, nous avons exploité notre loupe sur le passé et le présent de la Vallée d’Aoste. Nous allons continuer à le faire la semaine prochaine, avec de tout autres sujets.

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