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2004 – Nos Familles : Les Bich

10 août 1932. C’est un mercredi. 

Ce jour là, Valtournenche, dans la combe du Breuil,  s’apprête à un événement. Il s’agit de l’inauguration de l’Hôtel Refuge Edoardo Bich. C’est le troisième hôtel qui voit ainsi le jour, mais le premier ouvert toute l’année, dans une localité qui, en l’espace de quelques années, deviendra l’un des sites touristiques les plus fréquentés de toute la chaîne alpine.

La belle pyramide du Cervin salue le nouveau venu émergeant des nuages comme en témoigne une photographie de Guido Rey donnée en souvenir de l’événement aux frères Joseph, Jules et Gratien Bich, propriétaires de l’Hôtel dont le nom évoque la mémoire de leur frère Edoardo, guide alpin disparu tragiquement lors d’une ascension aux Cigares de Bobba et dont un sommet du Massif du Mont-Blanc porte le nom.

Treize enfants en tout sont nés du mariage, en 1885, de Reine Meynet et Elia Bich,  dont la profession de tailleur à Valtournenche est à l’origine du nom que portera l’une des branches de la famille, soit justement « Du Tailleur ».

Les fils aînés sont militaires ou guides de montagne.

Luigi, par exemple, premier podestà de Valtournenche, deviendra Major pour mérites de guerre et passera de nombreuses années en Érythrée et en Libye. Jules, lui, fut l’un des alpins sélectionnés pour participer à la fameuse expédition de secours aux rescapés du dirigeable Italia qui s’était écrasé sur la route du pôle Nord. Il fut également le guide préféré de la princesse Maria José.

Puis il y a Maurizio à qui revient, avec Luigi Carrel, dit « carrellino », la première ascension de la face sud et de la face est du Cervin et qui a été le gérant du Refuge du Col de Théodule.

Gratien, né en 1900, ne choisira pas l’uniforme, ni celui des alpins ni celui des guides. Il nourrit une tout autre inclination : l’accueil du petit nombre de personnes qui, alors, sont hantées par le désir de défier les montagnes.

Conscient des potentialités que la combe du Breuil peut offrir à un tourisme qui se transforme toujours plus en phénomène de masse, Avec ses frères Joseph et Jules, Gratien décide que le moment est venu de se lancer dans l’exploitation et de soutenir, par la construction d’un hôtel, l’essor touristique du Valtournenche.

Un choix non sans risques mais qui portera ses fruits, au cours des années suivantes, grâce à la construction de la route entre Valtournenche et le Breuil et, surtout, avec la naissance du téléphérique du Cervin, première station pour le ski dans notre région.

L’Hôtel Refuge Edoardo Bich et sa fameuse taverne « Gargantua » deviennent très vite un point de rencontre obligatoire pour les habitués toujours plus nombreux de la station touristique et dont le souvenir est encore aujourd’hui empreint de nostalgie.

C’est dans cet hôtel, en 1936, que vient au monde Maurizio, qui poursuivra l’activité de son père Gratien, tandis que Edoardo, le cadet, deviendra maire d’Aoste et président du Conseil de la Vallée.

Puis vient la guerre et Cervinia devient le siège opérationnel d’instruction des troupes alpines. Le tourisme ne reprendra progressivement qu’à partir de 1946.

Seuls restent Jules et Gratien et leurs familles respectives à assurer la direction de l’Hôtel. et ce jusqu’en 1956. Puis leurs routes se séparent.

C’est dans le restaurant « Le Grenier » que mûrit, en 1962, la décision d’ouvrir un nouvel hôtel au Breuil. Le choix de l’endroit s’arrête sur la localité du Crêt des Perrères, où Gratien Bich possède un chalet. 

Les premiers temps ne sont pas faciles mais au fil des ans, l’Hôtel « Les neiges d’Antan » s’impose comme étape d’excellence pour la qualité de son accueil ennobli par une cuisine de haut niveau, soignée par la femme de Maurizio, Carmen Garavet, originaire de Donnas, qui orchestre dans une composition moderne, mais dans le respect des traditions, tous les éléments des plats typiques de la Vallée d’Aoste.

C’est dans cette ambiance, riche d’un savoir-faire acquis en plus de soixante dix ans d’expérience dans l’accueil de la clientèle, que grandissent les trois enfants de Maurizio et Carmen, Ludovico, Luca et Lucia, aujourd’hui hôteliers à leur tour.

Mais qu’est-ce que ça veut dire grandir dans une maison qui est un hôtel ?

On doit certainement éprouver une grande satisfaction à savoir que son propre travail trouvera sa continuation dans celui de ses enfants quand on a réussi à construire au fil des années quelque chose d’important comme l’hôtel « Les Neiges d’Antan ».

De leur côté que pensent Ludovico et Lucia de leurs parents et surtout, de l’enseignement qui dérive de leur expérience et des valeurs qu’ils ont su leur transmettre.

Aujourd’hui, l’hôtel « Les Neiges d’Antan » est une structure de 37 chambres qui reçoit des clients du monde entier, avec un attrait particulier, surtout durant l’hiver, pour les étrangers.

Une structure constamment rénovée pour suivre les changements de la demande touristique qui a considérablement évolué depuis l’apparition de l’hôtel refuge Bich en 1932.

D’importants investissements ont été effectués ces dernières années pour rendre la structure toujours plus moderne et confortable, tout en conservant une identité particulière fortement liée aux traditions de la Vallée d’Aoste et de la montagne.

Quel genre de clientèle choisit aujourd’hui l’hôtel « Les Neiges d’Antan »  pour ses vacances en Vallée d’Aoste ?

D’un point d’observation privilégié, comme peut l’être l’un des hôtels les plus connus et les plus appréciés de notre région, quelle estimation Ludovico Bich peut-il donner sur les perspectives du tourisme pour la Vallée d’Aoste.

Parmi toutes les qualités qui s’inscrivent dans l’histoire des Bich, de leur profession d’hôtelier et de l’hôtel « Les Neiges d’Antan » figure assurément la conscience de faire partie d’une grande aventure qui commença en 1932.

Des paroles de Maurizio et de Carmen et leurs enfants Ludovico et Lucia émerge une valeur importante, cet orgueil pour la tradition de famille qui pousse à chercher à toujours mieux faire et dont les plus jeunes Bich se sentent fiers, même si la tradition peut s’avérer une hérédité difficile à récolter.

L’hôtel devient ainsi le noyau d’une vie, de plusieurs vies d’une même famille, riche de témoignages d’une passion pour la montagne et pour l’accueil du client resté inaltéré dans le temps.

Un lieu riche de souvenirs partagés avec ceux qui, ne serait-ce que pour une seule nuit, choisissent de séjourner à l’hôtel, conscients ou non d’entrer à faire partie de l’histoire des Bich.

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