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Vois-ci,Vois-là les faits de la Vallée d’Aoste liés au 2 mai

Notre protagoniste d’aujourd’hui est l’anniversaire d’un crime sanglant au Villair de Morgex. La population de Morgex, dans le présent comme dans le passé, ne figure pas sur les pages des faits divers des journaux. Toutefois, le 2 mai 1885, un crime se produisit et il frappa lourdement le Valdigne entier. Gioacchino Rey, originaire de Torgnon et qui s’était établi depuis peu de temps dans le village de Ruin dessus, méditait sa vengeance après avoir perdu un procès contre Francesco Seguin. Justement le 2 mai, à l’aube, quand M. Seguin (qui était asthmatique) était sorti de sa maison pour prendre un souffle d’air, Gioacchino le tua. Et le crime ne s’arrêta pas là !

Un crime comme celui que nous venons de raconter ne pouvait probablement ni se prévoir ni se prévenir. Toutefois il y en a d’autres qui peuvent l’être et il existe des forces de l’ordre qui s’occupent de prévention.

La prévention des délits et actes criminels en Vallée d’Aoste

 Par Simona Madeo

La Vallée d’Aoste continue à se distinguer des régions italiennes par la sécurité de ses espaces et la quiétude de ses habitants. Á l’exception de quelques cas éclatants de faits divers, les épisodes de délits sont ici sporadiques et concernent principalement vols et escroqueries. Une action de prévention se rend toutefois nécessaire et, dans le cas spécifique de la Préfecture d’Aoste, c’est le substitut du commissaire Walter Martina qui coordonne les activités du service préposé (à travers le « Bureau de la prévention générale du secours public »).

Walter Martina – Responsable du Bureau de la prévention de la Préfecture d’Aoste – Je crois qu’ en Vallée d’Aoste on peut encore parler de « isola felice » en respect aux autres régions italiennes. Dans les derniers six mois de 2006, nous avons eu 70 personnes qui ont été dénoncées à l’autorité judiciaire et seulement 9 arrêts pour vol. (…) Sur ces 9 personnes il y a 6 personnes de nationalité étrangère.

Les mesures préventives adoptées – qu’on ne doit pas confondre avec les activités anti-crimes et d’investigation – pourraient se synthétiser sous le mot de surveillance. Il s’agit, concrètement, de garder sous contrôle le territoire au moyen de patrouilles, qui sont actives jour et nuit, continuellement.

Walter Martina – Faire de la prévention en Vallée d’Aoste surtout – mais en tout le territoire italien – c’est surtout mettre les policiers sur la place : les policiers en auto, les policiers à pied, qui cherchent de parler avec la population.

C’est pour garantir une présence continuelle sur le territoire que le service de prévention a récemment introduit une nouvelle figure professionnelle, celle de « l’agent de quartier », selon la devise qui veut les policiers « parmi les gens, pour les gens, avec les gens ».

Walter Martina –Tout ça, c’est la nouvelle philosophie de ce bureau : le Ministère ne veut plus le policier qui reste dans le bureau, il veut le policier à l’extérieur, avec les personnes, à disposition des personnes.
Á peu près, dans ce bureau, prêtent leurs service 60 personnes (pour le contrôle du territoire avec les « volanti » et pour la centrale opérationnelle). On ne peut pas oublier, dans le période hinvernel, les pisteurs sécuristes policiers qui prêtent leur service dans les domaines skiables.

Les changements sociodémographiques, l’augmentation du taux de criminalité juvénile et l’accroissement des flux d’immigration demandent à être affrontés avec des méthodes nouvelles et le recyclage continuel du personnel s’avère donc nécessaire. Et il y a également les crimes en vogue !

Walter Martina – Nous avons enregistré, dans ces derniers mois, une augmentation du phénomène qu’on appelle « bullismo » et aussi de délinquance juvénile, surtout dans des lieux fréquentés par les jeunes (discothèques, pub). Surtout dans les journées de vendredi, samedi et dimanche (le soir), nous avons mis en place un service dédié pour ce phénomène.

Donc une activité au service de la population toute entière, celle de ces policiers : un travail qui parfois demande empathie et capacité de jouer le rôle du médiateur.

Walter Martina – Le bilan professionnel dans ce bureau c’est extrêmement positive, surtout quand je partage les problèmes des personnes qui s’adressent à nous et je cherche de les résoudre, sur le territoire, avec les policiers.

Revenons à notre homicide du Villair de Morgex : les gémissements d’agonie de Francesco Seguin firent accourir sa femme, qui échappa aux mains de l’assassin seulement grâce à l’intervention d’un voisin, Pietro Francesco Fosseret. Celui-ci engagea une lutte contre Gioacchino Rey qui, armée de faucille, le blessa à plusieurs reprises.

Les journaux de l’époque publièrent la nouvelle mais, il faut le dire, l’attitude de la presse du XIXème siècle face aux faits divers était différente, par rapport à aujourd’hui. A’ vrai dire, la presse même était différente !

La presse valdôtaine au XIXème siècle

Par Laura Agostino

La presse périodique valdôtaine a sa date de naissance (1841), son évolution et son histoire. C’est Tullio Omezzoli qui nous en parle en nous disant avant qu’est-ce qu’il y avait avant les journaux.

Tullio Omezzoli – historien – Il y avait des almanach (des almanachs valdôtains et qui venaient d’étranger, le Messager boiteux, par exemple). Dans les années trente l’éditeur Ibertis édite les almanachs valdôtains, qui contiennent tout ce que le paysan valdôtain peut désirer de savoir : donc les noms des princes et des empereurs du mode, donc les phases de la lune, les éclipses et autre chose. Et aussi les principaux évènements de l’année. Donc c’est un moyen de renseigner les gens. La presse valdôtaine débute d’une façon très simple et modeste, par une feuille d’annonces (qui contient justement des annonces commerciales et judiciaires) et finit par un foisonnement de journaux qui représentent toutes les opinions présentes sur la place. Donc, petit à petit les gens s’aperçoivent que le journal est un instrument de formation de l’opinion publique, de direction des consciences et de renseignement aussi. Donc il n’y a pas de groupe d’intellectuel, de groupe de pression ou bien de simple personnage qui a des idées politiques qui renonce à avoir un journal.

Ainsi s’explique le fait que les journaux, il y a presque 150 ans, étaient si nombreux. Par rapport à la population mais également par rapport aux éditions actuelles. Vu que l’alphabétisation, en Vallée d’Aoste, était très répandue, les hebdomadaires, les mensuels et les bimensuels répondaient à un solide désir d’orienter l’opinion publique (principalement celle de la société paysanne). Les journaux mettaient à la disposition des gens les clés de la connaissance du monde. Mais quel monde ?

Tullio Omezzoli – Les faits-divers valdôtains, les opinions de l’éditeur et le reste du monde. Et il n’y a journal (si petit soit-il) qu’il ne contienne pas une fenêtre sur tout le monde.

Les faits-divers, ce qu’en italien on appelle « cronaca nera », étaient présents aussi.

Tullio Omezzoli – Les faits divers, la chronique, la noire, entraient dans la presse hebdomadaire valdôtaine comme dans la presse quotidienne de l’Etat, disons. (…) Nous avions les grand événement, les crimes de sang qui étaient traités (avec discrétion mais on les trouvait). Il était rarissime, mais ils avaient lieu, quand même. On avait beaucoup de vols (c’était le crime le premier) et d’autres accidents dus à l’ivrognerie (donc les rixes, etcetera). Et puis il y avait les malheurs, qui étaient très nombreux : les accidents de travail, les gens qui tombaient. Ou bien les enfants qui étaient brûlés, qui étaient noyés, qui étaient rongés par les animaux (par les cochons, par les rats). Donc c’était plein de faits de ce genre. Mais on touchait cette matière avec l’attention, même le moralisme, mais aussi la piété qui était nécessaire. Donc pas beaucoup d’espace : la nouvelle en quelques lignes.

Une sorte de pudeur, donc. Probablement due à l’esprit de l’époque et à la puissance de l’église qui, à partir de 1849, eut son propre hebdomadaire. Les journaux se proposaient donc également une mission d’éducation.

Tullio Omezzoli – La presse catholique puissamment elle se proposait d’éduquer les gens. C’était un peu le pain quotidien : il y avait tout (il y avait la théologie, il y avait la morale, le catéchisme). Les autres journaux tendaient ou bien à ranimer les gens, ou bien à diffuser les idées, mai chaque journal avait une vue pédagogique.

Quelques données sur les tirages sont disponibles.

Tullio Omezzoli – historien – La première gazette, la Feuille d’annonces d’Aoste, a un tirage très bas. En 48, l’éditeur se déclare disposé à sortir toutes les semaines à condition d’avoir 200 abonnés. Donc les lecteurs des journaux valdôtains étaient surtout les abonnés. Ils étaient envoyés par la poste et les facteurs ruraux la portaient partout dans l’espace d’un jour, deux jours. Le Duché d’Aoste (…) tirait à 2500 exemplaires. Mais je pense que les journaux qui représentaient l’opinion, je ne sais pas, d’un tel notable (…) tiraient d’un 500 à 800 exemplaires au maximum.

La tendance était de lire plus d’un journal, mais cela ne signifie pas qu’il était véritablement permis…

Tullio Omezzoli – Les journaux étaient diffusés un peu partout, mais il y avait des journaux interdits. Donc, par exemple, l’église interdisait de lire le Mont Blanc ou bien le Travailleur, ou bien le Progrès. Donc on pouvait… vous savez comme font les catholiques, comme nous faisons nous catholiques : l’église parle et nous nous faisons ce qu’on veut. Donc il y avait des interdictions et puis les gens lisaient un peu tout.

Au Villair de Morgex, nous avions laissé notre assassin lutter contre un vaillant. S’apercevant que la lutte tournait à son désavantage, Gioacchino Rey s’enfuit. Les Carabiniers réussirent toutefois à l’attraper et ils durent le soustraire à la rage de la foule, qui voulait le lyncher.

Parlons encore un peu du rapport entre faits-divers et journalisme : nous avons dessiné le cadre au 19ème siècle, mais aujourd’hui les choses sont différentes. Entrons alors dans une rédaction moderne, celle du seul quotidien qui existe chez nous.

Les faits-divers et « La Stampa »

Par Laura Agostino

Quand est-ce que l’histoire de « La Stampa » en Vallée d’Aoste a commencé ?

Enrico Martinet – chef de la rédaction d’Aoste de « La Stampa » – Elle commence dans le 1981 et elle commence avec deux pages quotidiennes. Avant la Stampa elle avait deux pages chaque semaine.
20083708-20084410 – Il y avait encore « La Gazzetta del Popolo », qui faisait deux pages quotidiennes en Vallée d’Aoste.
20090101-20091223 – Maintenant nous avons fait une restyling du journal et nous avons 11 pages quotidiennes.

5 rédacteurs et 15 collaborateurs composent l’équipe de la rédaction : une cuisine où quelques ingrédients sont plus importants que d’autres…

Enrico Martinet – Les faits-divers et, dans les faits-divers aussi la politique (si on peut l’appeler comme ça).
La politique c’est le sujet qu’on suit le plus. Parce que la Vallée d’Aoste c’est une région autonome et elle a une politique très importante. La Région surtout est au centre des intérêts de tous. Et donc on suit en manière très particulière les faits de la politique Et dans les faits de la politique il y a la polémique, il y a les critiques et il y a aussi la partie de l’opinion, que nous faisons beaucoup.
La majorité des lecteurs sont satisfaits de ce qu’ils trouvent. Il y a des requêtes, ça c’est vrai. Et la requête c’est surtout sur la partie de la culture.

Venons aux faits-divers. De nos jours, les crimes, ils sont traités de quelle façon par les journaux ?

Enrico Martinet – Ils sont traités d’une façon correcte, je dis. Les faits-divers sont le cœur de la vie quotidienne et, surtout, sont le cœur de la démocratie. Pour vivre, pour suivre les faits de la vie on doit lire tous les jours qu’est-ce qui arrive, chez nous. Sans les faits-divers, (…) sans la chronique des faits on ne peut pas juger le lieu où on vit. On ne peut pas juger la politique et alors c’est vraiment le cœur. Et il y a une différence entre le journalisme d’aujourd’hui et le journalisme d’autrefois. Je ne crois pas qu’il s’agissait seulement de pudeur, comme vous disiez, mais je crois qu’il y avait aussi une façon de juger les faits au contraire d’aujourd’hui. Il y avait aussi une façon politique de voir les faits. Nous pouvons faire l’exemple du régime fasciste.
Dans la vingtaine d’année du fascisme les faits-divers (surtout les homicides et les vols, les grands vols) (…) ils avaient une place très réduite dans les journaux. Parce qu’on disait : « Tout va bien ». Aujourd’hui c’est un peu comme ça, en Vallée d’Aoste : « En Vallée d’Aoste tout va bien ». Et alors la fonction du journaliste et la fonction des journaux c’est celle, au contraire, de faire voir les choses qui ne vont pas. Et c’est ça le cœur de la démocratie.

Démocratie qui signifie également respect de la confidentialité.

Enrico Martinet – La loi sur la privacy c’est une loi extraordinaire, pour la vie civile, pour la société entière, mais pas pour le journaliste. Le journaliste professionnel, qui a une bonne préparation, une bonne formation, il ne regarde pas la loi de la privacy. Il sait déjà qu’est-ce qu’on peut dire et qu’est-ce qu’on peut pas.

Pourquoi est-ce que M. Martinet a choisi ce métier et pourquoi est-ce qu’il l’aime ?

Enrico Martinet – C’est seulement l’envie de raconter qu’est-ce qui arrive et de le raconter le mieux possible dans un équilibre. Et les équilibres sont à la professionnalité des journalistes.

En octobre 1885 le procès contre Gioacchino Rey se termina avec une condamnation aux travaux forcés à vie. M. Fosseret, en revanche, reçut une médaille d’argent à la valeur civile pour l’acte d’héroïsme qu’il avait accompli, avec une grande générosité et au mépris de sa propre vie.

Plus qu’un fait divers, celui du Villair de Morgex nous semble un conte. Et, véritablement, les crimes sont un sujet fréquent pour les romanciers, comme Giorgio Faletti.

Les faits-divers au-delà de la réalité

Par Laura Agostino

On peut lire des faits divers dans les journaux, mais on peut également le faire dans des romans. Les auteurs renommés, à niveau national et international, sont nombreux mais il y en a un qui, au fil de son existence, a suivi un parcours insolite. Nous parlons de Giorgio Faletti qui a connu son premier succès en tant qu’acteur comique; puis il a commencé à écrire et chanter des chansons; enfin, en 2003, il est devenu écrivain de thrillers. Il est donc passé du désir d’amuser à celui d’épouvanter…

Giorgio Faletti – écrivain – L’importante è riuscire a fare le cose quando le vuoi fare: pensa se li spaventavo quando li volevo far ridere e li facessi ridere adesso che li voglio spaventare! L’importante è che le cose succedano quando uno le vuol far succedere. Mi è sembrato, tutto sommato, visto che io non ho mai pensato che la mia vita sarebbe stata, come ho detto una volta a un mio amico, essere in uno studio televisivo con un berrettino storto ad aspettare che toccasse a me, il mio percorso, tutto sommato, visto che allora già io scrivevo e testi per altri comici e dei racconti per il mio piacere, eccetera, poi mi sono avvicinato alla musica… credo che con l’età, quando il fisico, per dare dei cattivi esempi è scomparso, finalmente mi sono seduto tranquillo e ho trovato l’autodisciplina per stare quattro o cinque ore al giorno a scrivere delle storie.

Son premier roman: “Io uccido” a remporté un vif succès. Non seulement en Italie, mais à l’étranger aussi. Il en est à son troisième essai d’auteur et les consensus de la critique et du public ne l’abandonnent pas. Mais pour quelle raison a-t-il choisi le genre du thriller?

Giorgio Faletti – Perché, paradossalmente, è molto simile… la conduzione della storia è molto simile alla comicità: quando tu scrivi una storia comica devi inventare una storia e la devi raccontare in modo che faccia ridere; quando scrivi un thriller devi inventarti una storia e raccontarla in modo che faccia paura, che tenga sospeso il lettore. Per cui c’è questa doppia chiave di lettura che, probabilmente, fa parte della mia natura.

Quand il présente un livre (le dernier a pour titre “Fuori da un evidente destino”), une foule de personnes se rassemblent pour l’écouter. Impossible de donner le profil du lecteur-type: il y a des femmes, des hommes, des jeunes et des personnes âgées… Toutefois M. Faletti a son idée à propos du public qu’il aimerait le plus toucher…

Giorgio Faletti – Io mi auguro che siano più donne perché l’idea di essere un sex symbol a 56 anni mi affascina.

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