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Vois-ci,Vois-là les faits de la Vallée d’Aoste liés au 9 mai

Notre protagoniste d’aujourd’hui est l’anniversaire de la constitution en commune autonome du village de Pontboset, survenue le 9 mai 1645. Une date si reculée ne doit guère choquer puisque le Conseil des Commis déjà reconnaissait comme interlocuteurs quelques unes de ces institutions.

Bien évidemment, il s’agissait d’une municipalité bien différente par rapport à celle qui, aujourd’hui, administre le territoire. A’ propos du présent de Pontboset, nous avons questionné son syndic.

Pontboset: réalité et problèmes d’une petite commune

Par Christel Lambot

Jadis, lorsque les forges de Pontboset étaient en pleine activité, la commune comptait jusqu’à mille habitants. Aujourd’hui, les temps ont bien changé : il y a à peine plus de 200 résidents.
Pourtant, Pontboset ne se trouve qu’à 6 Km de la Vallée centrale, ce qui équivaut à quelques minutes de voiture. Si l’on en croit Ilo Claudio Chanoux, syndic de la commune depuis l’an 2000, il fait bon vivre à Pontboset au début du XXIe siècle. À un tel point que ceux qui étaient partis commencent à revenir :

L’administration communale s’emploie afin de donner à la population l’envie de rester sur le territoire. Pour ce faire, elle s’efforce de garantir toute une série de services : Pontboset a un territoire morphologiquement difficile, mais aussi d’un vrai paradis pour les randonneurs : l’accueil touristique n’existe pas que dans les alpages de Pontboset, mais également au chef-lieu, où l’ouverture de la toute nouvelle auberge de jeunesse est imminente. Aménagée dans un bâtiment du XVIIe siècle (extérieur, à partir de 18 00 34 04, puis à partir de 18 17 31 00) qui servait autrefois de maison paroissiale, elle compte 50 lits. Son rez-de-chaussée, jadis occupé par une étable, accueille maintenant un petit musée ethnographique où l’on peut admirer de nombreux objets d’antan. On peut aussi s’y procurer une monographie sur Pontboset, fraîchement parue. Il s’agit d’un volume d’environ 400 pages, écrit par plusieurs auteurs. L’administration communale a bien de quoi en être fière.

L’ethnographie et l’histoire, c’est bien ! Mais il y en a qui préfèrent le sport. Nous avons déjà dit qu’il y a de belles randonnées à faire, à Pontboset. Mais ce n’est pas tout : on peut aussi y pratiquer le kayak ou l’escalade! Pour finir, il faut souligner que l’administration communale n’est pas la seule à soutenir l’essor de Pontboset. Le syndicat d’initiative est, lui aussi, très dynamique.

La commune de Pontboset a cherché et obtenu son indépendance, au XVIIème siècle, non seulement sous le profil administratif, mais également sur le plan religieux. Jusqu’en 1625, le territoire appartint à la paroisse de Champorcher, ce qui rendait malaisé de suivre les fonctions. En 1624, l’évêque consacra alors l’église de Pontboset, qui ne fut toutefois érigée en paroisse que l’année suivante, une fois l’accord concernant le salaire du curé trouvé.

Le lien avec Champorcher est toutefois indissoluble : les deux communes se placent dans la même vallée et elles partagent une même histoire, qui a été écrite et nous a été racontée par Fausta Baudin.

L’histoire de la Vallée de Champorcher

Par Simona Madeo

Pendant le Moyen Age les communautés de la vallée de Champorcher – à savoir Hône, Bard, Pontboset et Champorcher – étaient sous la même juridiction, c’est-à-dire sous les Seigneurs de Bard auparavant, jusqu’au début du XIIIème siècle, et ensuite sous les Seigneurs de Savoie, qui chassèrent les Seigneurs de Bard de leur château suite à des luttes entre eux. Les Seigneurs de Savoie partageaient la juridiction sur cette vallée avec les Seigneurs de Pont-St.-Martin. C’était, tout de même, une juridiction qui était très entremêlée, c’est-à-dire : il n’y avait pas de divisions territoriales précises et il y avait peut-être des familles qui étaient sous les Savoie et qui vivaient à côté des familles qui étaient sous les Seigneurs de Pont-St.-Martin.

Vers la fin du XVIème siècle les Savoie inféodèrent leur partie de juridiction à des parvenus – Jean-Jacques Riccarand, capitaine d’armée, et un fonctionnaire d’Etat – qui n’eurent pas de bons rapports avec les populations locales.

Pendant le Moyen Âge, il ne faut pas croire que celle de la vallée de Champorcher était une communauté renfermée sur elle-même. Les communications et les relations avec les pays limitrophes étaient assez actives: le passage à travers les cols alpins était, en effet, continu. Cependant, les rapports ont été parfois tendus, surtout avec les gens du Valsoana. Les disputes pour la possession des pâturages situés à la limite des deux communautés aboutissaient même à des conséquences assez lourdes. Par exemple, en 1311 les gens de Valsoana vinrent à Champorcher et détruirent la tour moyenâgeuse des Seigneurs de Bard. Cette même tour a été ensuite reconstruite par les Savoie en 1320.

Mais quelle est, enfin, l’image de cette vallée aujourd’hui ? Est une image d’une vallée qui cherche à changer un peu ses ressources fondamentales, c’est-à-dire : on n’est plus, bien sûr, une vallée qui vit d’agriculture, mais on n’est pas encore une vallée qui vit complètement de tourisme. C’est un vallée qui a vécu un processus de dépeuplement dans le deuxième après-guerre et, maintenant, on est en train de chercher un tourisme qui est basé sur le ski – mais pas seulement sur le ski- je veux citer la commune de Pontboset qui est en train de réaliser beaucoup de projets pour la valorisation de ses espaces naturels, donc pour un tourisme ‘doux’, de gens qui aiment la nature.
Je crois qu’il faudra bien chercher à s’investir – pas seulement la commune, mais aussi les privés – pour chercher à valoriser tous les atouts que Champorcher et la vallée entière ont, pas seulement en termes de ressources naturelles et de sports, mais aussi par exemple au point de vue des ressources culturelles, culturelles dans le sens plus général.

Á ce propos, nous pouvons citer l’ « écomusée du chanvre », qui vient d’être aménagé et qui conjugue harmonieusement territoire, tradition et tourisme.

Le chanvre, justement ! aucune possibilité de parler de la Vallée de Champorcher sans le citer. Et alors, parlons-en !

Le chanvre de Champorcher

Par Pascale Rouvreau

Autrefois le chanvre était cultivé surtout sur les territoires d’Arnad et de Donnas ainsi que dans la partie basse du vallon de Champorcher où le climat était plus propice. La récolte se faisait au début de l’automne puis était laissée à macérer dans des trous creusés exprès dans le terrain. Puis les plantes étaient broyées pour permettre de séparer les fibres de l’écorce. Les fibres ainsi obtenues étaient alors peignées, filées et enfin tissées sur des métiers. Le tissage était effectué dans des centres spécialisés, comme l’était justement Champorcher où cette activité représentait une importante ressource économique pour la population. Pratiquement toutes les familles du village possédaient un métier à tisser qu’elles installaient de préférence dans un coin de la maison à côté d’une fenêtre, de façon à occuper le moins de place possible tout en profitant de la lumière du jour pour y travailler. C’est principalement en hiver que l’on se consacrait à cette activité et au printemps venu on procédait au lavage des toiles de chanvre selon ce qu’on pourrait presque définir un rite dont l’apogée consistait à exposer les tissus le long de la route afin qu’ils puissent être admirés et appréciés par toute la communauté.
Les fibres les plus fines permettaient de réaliser des chemises, des draps, des serviettes, des nappes, souvent enrichis de précieuses broderies, tandis que les fibres les plus grossières servaient à fabriquer des sacs pour transporter le foin et les feuilles et des cordes. Le tissage du chanvre, qui provenait, comme nous l’avons dit, de la basse vallée mais aussi du voisin Piémont, surtout du Canavais, était encore largement pratiqué jusque vers la fin des années 50, puis il connut un rapide déclin.
Aujourd’hui cette antique tradition reprend du souffle grâce aux artisans de la coopérative “Lou Dzeut” du hameau de Chardonney, à Champorcher, qui ont remis en fonction les vieux métiers en bois de mélèze et repris la production de linge fin pour la maison. De plus, le 17 septembre 2005, la municipalité de Champorcher a inauguré, dans une typique maison rurale du 19ème siècle restaurée à cet effet, le Musée du métier à tisser à l’intérieur duquel on pourra admirer le plus vieux métier ayant survécu, un vénérable centenaire encore en état de marche.

Celestino Savin, Syndic de Champorcher, arrière moi, on voit la maison du métier à tisser. Dans le premier plan, à l’étable, il y a encore le dernier métier à tisser de Champorcher…… on fait le musée où il y a les vieux tissus de Champorcher qu’on va récupérer dans plusieurs familles de Champorcher.

Revenons à notre commune de Pontboset juste pour dire qu’en raison de sa population réduite, il lui faut obligatoirement partager une série de services avec sa voisine, plus grande, Champorcher. Parmi ceux-ci, citons la bibliothèque.

La bibliothèque de Champorcher

Par Christel Lambot

La bibliothèque de Champorcher porte aujourd’hui le nom de Pierino Danna, qui était syndic de la commune au moment où elle a été créée. Mais – avant la fondation de la Bibliothèque – il existait déjà à Champorcher un petit centre culturel de montagne. Passons maintenant à la véritable fondation de la bibliothèque : les usagers de la bibliothèque de cette petite commune de montagne sont, somme toute, assez nombreux .

Qui sont ces 400 personnes ? Plutôt des femmes, plutôt des hommes ? Plutôt des jeunes, plutôt des personnes âgées ?

Les activités proposées par la bibliothèque sont également très variées :

En effet, pour les enfants des écoles maternelle et primaire, les activités organisées par la bibliothèque ne manquent pas.

Grâce à la bibliothèque de Champorcher, des publications pour enfants ont donc vu le jour. Mais ce n’est pas tout : un livre pour adultes est aussi en train d’être réalisé. Parmi les activités exceptionnelles de la bibliothèque, il faut citer la rencontre festive qui se déroule le dernier dimanche de juillet au hameau de Chardonney, où tous les artisans du textile de la région sont invités :

Pour finir, voyons quels sont les projets d’avenir de la bibliothèque de Champorcher.

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