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2004 – Nos familles: les Boniface

Félix Boniface est né en 1913, à Aymavilles, avec le goût pour la musique.

Les origines

Cet amour pour l’accordéon diatonique (« lo demitón ») avant et pour l’accordéon chromatique ensuite lui venait de son père Jérémie et de son grand-père Grat qui, au cours de toute leur existence, ont joué pour leur plaisir et celui des autres.
Félix n’a été que musicien jusqu’à son mariage, en 1938, avec Ninetta Teppex. Il s’exhibait lors des fêtes et des noces. Le mariage et la naissance de quatre enfants lui imposèrent de chercher une source de gain stable et durable : il fut ainsi boulanger et, ensuite, il fut embauché auprès de la centrale hydroélectrique de la Cogne à Aymavilles.

Les trois premiers enfants de Félix et Ninetta n’héritérent qu’en partie de la passion pour les notes, qui séduisit par contre plus particulièrement le dernier, Sandro, né en 1952.
Sandro a appris la musique dès sa première enfance : avec son père tout d’abord, puis en suivant les leçons d’accordéon du maître Berto Berti au Cral-Cogne d’Aoste, enfin en apprenant à jouer de l’orgue auprès des maîtres Arthur Bagnod et Carlo Poser.

Alors qu’il était adoléscent, il fonda avec d’autres jeunes d’Aymavilles son premier groupe, les « New Trappers », qui jouait des chansons italiennes et anglaises à la mode à la fin des années Soixante et début Soixante-dix.

En 1974, deux événement marquent l’existence de Sandro : le mariage avec Liliana Bertolo et l’entrée à l’Enel.

Le passé

Avec Liliana, enseignante d’école primaire avec une belle voix et une passion pour le chant, Sandro Boniface fonda une chorale, « Le-z-Amavellèn», qui proposait des chansons traditionnelles valdôtaines. En effet, la moitié des années Soixante-dix fut caractérisée, en Vallée d’Aoste comme ailleurs, par la naissance de nombreux centres culturels, qui mélangeaient l’engagement socio-culturel à la politique, et les Boniface ne manquèrent pas à cette responsabilité.

Au début des années Quatre-vingt, une autre phase, certainement la plus importante, se profila : suite à la recontre avec Maguï Bétemps, autrice et chanteuse appréciée de chansons françaises et francoprovençales, naît le groupe des « Trouveur Valdotèn ». De nombreux musiciens entrent dans l’équipe parmi lesquels l’accordéoniste Iris Boniface, le guitariste Ernesto Impérial, le chanteur et joueur d’harmonica Carlo Bérard, le percussionniste Danilo Gontier. Au cours des spectacles, les Trouveurs donnaient aussi lecture des poésies d’Eva Pellissier.

Un autre changement profond survient, en 1982, avec la rencontre avec Cesare Marguerettaz. Celui-ci, passionné de musique, avait repéré des partitions anciennes de monfarines et il fit germer au sein du groupe le bourgeon de la recherche de la musique traditionnelle. Cette passion fut partagée pendant longtemps entre Sandro, Liliana, Ernesto et Carlo.

Cette phase musicale du groupe produit, en 1984, un 33 tours : « Meuseucca pe vivre », tandis qu’aucun témoignage sonore ou audiovisuel enregistré ne nous reste de la période précédente, celle des chansons de Maguï Bétemps.
Au fil des ans ils ont également produit une musicassette et deux CD : « Le conte de soufflo et di seufflet » (en 1993), « Tzanten Tzalendre » (1998) et « Tsarriye » (en 1999).
En 1991, Sandro Boniface abandonne son travail à l’Enel et l’année suivante c’est Liliana qui prend sa retraite : dès lors ils consacreront leur temps exclusivement au travail de musiciens.

Le présent

A partir de l’an 2000, les Trouveurs Valdotèn forment un groupe familial. Sandro et Liliana ont en effet eu deux enfants : Rémy (né en 1974) et Vincent (né en 1986). Dès leur première enfance, les garçons participent aux activités musicales des parents en les suivant aux répétitions, aux enregistrements et aux spectacles. Rémy a fréquenté l’Institut Musical d’Aoste où il a appris les techniques du violon, tandis que Vincent est encore en train d’étudier cornemuse, clarinette et flûtes, avec le désir de s’inscrire au Dams de Turin, comme son frère l’a d’ailleurs fait avant lui.

La recherche musicologique des Boniface progresse par l’enregistrement des souvenirs de personnes âgées et par les fouilles d’archives. Fondamentale a été l’approche avec le travail du musicologue français Julien Tiersot qui, au cours de ses recherches sur la musique des Alpes au XIXème siècle, avait obtenu les précieux cahiers écrits à ce sujet par Joseph-Siméon Favre, valdôtain émigré en Tarentaise. Ces cahiers contiennent une moisson d’informations précieuses sur le répertoire de chants dans les Alpes occidentales.

La recherche de Sandro s’est également élargie aux instruments musicaux : il en possède des dizaines, tous en bon état de fonctionnement, qui constituent un musée itinérant, aménagé à la demande.

Les Boniface sont en train de préparer le premier CD de l’équipe familiale qui sera probablement enregistré a Aix-les-Bains.

Entre temps, les « Trouveur valdotèn » s’exhibent aux festivals, lors des fêtes et manifestations, et ils se produisent du Nord de l’Italie à la France, la Belgique, la Suisse, l’Espagne et l’Allemagne.
Aujourd’hui le public reconnaît et apprécie leur style, basé sur lla volonté de ne pas trop déroger au patrimoine culturel des ancêtres, en lui restant le plus fidèle possible au moment de la reproduction des sons et des musiques.

Le fait de travailler ensemble n’empêche pas à chacun de faire ses propres expériences musicales. Liliana a enregistré, en 1997, un CD avec le trio « Voice Union », qui regroupe aussi une chanteuse française et une anglaise. Elles ont également effectué une tournée en Angleterre qui a eu beaucoup de succès.
Le printemps dernier elle a terminé une série de spectacles en France, articulés sur des chants de bergère qui l’ont vue protagoniste avec deux chanteuses algériennes et quatre françaises sur un projet d’Evelyne Girardon.

Vincent aime la musique métissée, il apprécie les contaminations et il joue de la musique sans limites géographiques, avec la complicité de Rémy.

Cela impose une confrontation avec les parents.

Sandro effectue des animations scolaires au cours desquelles il ne se limite pas à présenter des chansons et des danses d’antan, mais il propose aussi la réalisation de quelques simples instruments musicaux.

Les « Trouveus valdotèn » ne se contentent plus aujourd’hui d’être seulement un groupe musical : il se sont aussi lancés dans l’organisation de manifestations.

« Etétrad », la rencontre estivale de groupes musicaux qui s’inspirent de la tradition est née en 1997 et l’organisation de manifestations nous amène à parler du futur.

Le futur

Le Grand Orchestre des Alpes est certainement le projet de plus grande envergure auquel les Boniface se soient attaqués. Du jamais vu, pour lequel ils travaillent d’arrache-pied. Tout a débuté au Trentin, lorsqu’une équipe réduite de musiciens a commencé à proposer les chansons de l’arc alpin. Les Bonifaces les ont invités à la millième édition de la Foire de Saint-Ours et à l’édition 2000 d’Etétrad. Depuis le projet a grandi et maintenant le groupe ainsi constitué réunit pratiquement 65 musiciens qui, par leur provenance, couvrent la totalité du territoire alpin : des vallées occitanes du Piémont jusqu’à la Slovénie. Le défi à présent est d’arriver à obtenir des financements, même au niveau européen, pour permettre la survie et le développement de l’Orchestre qui, dans sa configuration complète, a fait ses débuts à l’ouverture du festival du cinéma de montagne de Trente.

Le futur des Boniface pointe aussi su un ennième passage générationnel : Vincent et sa femme Luana Martin ont trois enfants, mais les jumeaux (Emile et Etienne) sont encore trop jeunes pour savoir s’ils suivront les traces des ancêtres. Aimé, par contre, avec ses quatre ans, a déjà commencé avec l’école Suzuky de violon.

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