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Du Château de Bosses au Col du Grand-Saint-Bernard

Le sentier que nous allons parcourir nous fera marcher sur les traces des Romains. Le départ est au Bourg de Saint-Rhémy-en-Bosses. Pour le parcourir il faut normalement trois heures de marche avec une dénivelée de 850 mètres. Au cours de la randonnée, nous allons rencontrer une bourgade suggestive, des vestiges de route romaine et, au point d’arrivée, l’imposant hospice dédiée à la mémoire de Saint-Bernard.

Cet itinéraire est praticable de fin juin à fin septembre mais, même si la journée semble très bonne et ensoleillée, portez toujours avec vous un anorak et un pantalon long : le temps tourne vite et le risque d’avoir froid existe. Et, encore portez avec vous un document d’identité : il y a une frontière à franchir !

Avant de partir, nous nous promenons dans le centre de Bosses, pour admirer ses bâtiments austères et surtout le château. Nous en profitons alors pour dire deux mots sur l’histoire du lieu. Les romains appelaient le Col du Grand-Saint-Bernard Alpis Pœnina et y pratiquaient le culte de Iuppiter Pœninus. Ils ouvrirent le chemin vers le Valais suisse et le Jura français au premier siècle avant Jésus-Christ. Ce fut l’un des plus pratiqués de l’arc alpin jusqu’à l’ouverture de la route goudronnée. Le temps de voyage entre Rome et Genève était de huit jours. Et les voyages se faisaient en toute saison : voilà la raison pour laquelle les jeunes résidant à Saint-Rhémy, jusqu’en 1915, furent exemptés du service militaire à condition de fournir une aide aux voyageurs et de faire rapport sur ​​le chemin d’hiver avec poteaux plantés dans la neige. Les mêmes tâches étaient confiées aux moines du célèbre hospice consacré à Saint-Bernard de Menthon, accompagnés de leurs chiens renommée.

Nous avons toutefois assez parlé et le moment est venu de partir, en sachant que nous n’allons pas suivre le tracé de la route actuelle menant au Col.

Alors, nous parquons la voiture au hameau de Saint-Rhémy et nous sommes déjà à 1619 mètres d’altitude. Cet endroit était indiqué comme Eudracinum sur les tableaux itinéraires romains. Saint-Rhémy et une petite agglomération charmante : les maisons au décor rustique, pierre et bois partout, et l’orgueil du rôle historique des résident se sent encore. Ils étaient fiers d’avoir la priorité sur les autres dans la vallée sur la « viérie » (ou le droit exclusif de transport de marchandises), et le « marronnage » (le droit d’accompagner, moyennant des frais, les voyageurs sur le sentier de la colline). Cela fut octoyé en 1273.
Le bourg se développe le long de la rue principale et les maisons sont alignées les unes proche des autres. Malheureusement les portes d’entrée qui devaient exister et les fortifications sont perdues, tout comme l’hospice offrant du repos aux voyageurs.

Le parcours historique reste juste en dessous de la route : il faut quitter le village et (suivant les poteaux indicateurs du TAM, la traversée Aoste-Martigny) monter la vallée étroite longeant le torrent Artanavaz 81. Bientôt on arrive sur la route nationale 27, ouverte en 1905. Sur le versant opposé se détache une variante, la soi-disant « route Napoléonienne » parcourue par le premier consul puis empereur dans sa descente vers l’Italie en mai 1800. Mais nous ne nous laissons pas distraire et nous poursuivons sur le chemin que nous avons choisi. Nous restons sur la route goudronnée pour une centaine de mètres, puis nous prenons un chemin qui, à droite, monte doucement à travers les mélèzes sur la montagne.

Après avoir passé plusieurs ruisseaux , il faut quitter la piste principale (qui suit le tracé de l’oléoduc) et affronter la montée plus raide, sur laquelle nous comptons six tournants.

Arrivé à une altitude de 2000 mètres, nous passons à côté d’une pierre tombale qui rappelle l’une des nombreuses tragédies qui ont été consommés sur ces pentes : la mort dans une tempête de neige de quelques « chaudronniers tsiganes », au début du siècle dernier. En été, il est difficile d’imaginer le risque et les dangers que la piste engendre dans les saisons les plus défavorables. Ces pentes enneigées cachaient des pièges et chaque étape est bien connue pour ses tragédies. Toutefois, au cours de la bonne saison, ces memes endroits cachent de trésors savoureux : par exemple des myrtilles, qu’on peut bien recueillir et déguster sur place.
Plus en haut la « variante Napoléon » s’accroche au parcours plus ancien ; à nous pieds, nous pouvons voir le portail sud du tunnel du Grand Saint-Bernard, construit en 1964. Depuis ce jour, la traversée est aisée toute l’année, rapide et presque dépourvue de dangers.

Encore quelques pas est nous arrivons au hameau de Fonteinte da distante et nous sommes à une altitude de 2203 mètres. La combe qui nous entoure est le prélude au col, indiqué par la croix que nous entrevoyons en haut, sur la droite. Il y avait là peut-être une «mansio» romaine, transformée plus tard en un abri, puis à la caserne des douanes. En cas de nécessité, une cloche alertait les équipes de secours à l’Hospice ou à Saint-Rhémy.

Au milieu des imposantes parois rocheuses et des névés occasionnels commence la lente traversée de la pente de Tzermanaire au pied de la flèche rocheuse inquiétante connue sous le nom de Tour des Fous 234, traditionnellement considéré comme un havre des pillards sarrasins. Ce chemin était utilisé en été seulement et abandonné en hiver en raison des avalanches. La route d’hiver, aujourd’hui perdue, montait sur la côte abrupte à droite de Fonteinte.

Le long détour nous porte à côtoyer encore la route nationale. Si nous étions fatigués, nous pourrions la suivre et arriver au Col assez rapidement. Mais nous perdrions l’occasion de grimper dans les rochers à la recherche de la vestige archéologique la plus intéressante : une rampe artificielle d’environ 60 mètres de long et 3.65 de large, coupée au ciseau dans la pierre. Le travail a probablement été réalisé par l’empereur Claude, dans une phase de modernisation de l’itinéraire original. Cette métamorphose a transformé un simple chemin dans une rue pavée, creusée dans la pierre et pour permettre les transit non seulement des hommes mais également des animaux et des charrettes.

La rampe mène au Plan de Jupiter (qui se place à une altitude de 2450 mètres) : c’est le plateau du sommet, l’endroit où surgissaient une mansio et un temple, pour remettre des offrandes aux dieux. Ici, en effet, une grande quantité de pièces de monnaie, d’idoles et de tablettes portant des inscriptions gravées à été trouvée par les archéologues mais également par les simples randonneurs. Une colonne supportant la statue de Saint Bernard, qui a remplacé au Moyen Age les dieux latins dans le rôle de protecteur de la circulation.

La descente vers le lac et la douane est rapide. Ici on peut voir, juste en dessous de la crête, l’énorme pierre de la frontière entre la Savoie et du Valais. Il faut encore marcher un peu pour arriver aux 2469 mètres du col, où l’hospice fondé aux alentours de l’année Mille surgit encore, en desservant toujours les voyageurs. Il est bien vrai que l’accueil n’est plus pratiqué sinon exceptionnellement dans les murs millénaires. Mais on peut visiter la structure. Dans le Musée du Grand-Saint-Bernard tout ce qui a été trouvé au col est conservé, y compris une statue en bronze du Dieu Pœninus. Une section est consacré aux vestiges napoléoniennes scheda(Napoléon a dormi à l’hospice, quand l’a passé avec son Armée de Réserve) et une autre a un caractère naturaliste (posant sous la loupe la flore et la faune de l’endroit).

Du Château de Bosses au Col du Grand-Saint-Bernard
Du Château de Bosses au Col du Grand-Saint-Bernard

La visite prend quelques temps et une halte dans la chapelle offre une repos tonifiant pour l’esprit. En sortant, si on a de la chance on tombe sur une journée où les chiens sont placidement accueillis dans leur chenil. Autrefois ils séjournaient au col tout au long de l’année (tout comme les moines). De nos jours, ils descendent à Martigny quand l’automne arrive.
Le retour peut varier le long de la « route Napoléonienne », marquée par les Français pour permettre le passage de l’artillerie lourde. La variante (indiquée par le poteau indicateur 13) est située à une altitude de 2150 m. Autrement, on suit le même tracée de l’allée.

Il faut de revenir à la maison.
Un autre itinéraire nous attends bientôt !

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